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Traoré Adama, un artiste peintre à part entière

Le 10 juin 2020, monsieur Monney Serge (S.M.), vice président d’Inclusion des Personnes Amputées et Déficientes Motrice de Côte d’Ivoire (IPADEMCI) est allé la rencontre d’un talentueux artiste peintre. Il s’agit de monsieur Traoré Adama (T.A.), une personne handicapée au niveau des 2 mains et d’une jambe qui gagne sa vie par la réalisation et la vente de très belles peintures. Nous vous partageons le contenu de cette interview inédite.

Adama Traoré en train de peindre un tableau

S.M. : Bonjour M. Traoré Adama.
T.A. : Bonjour Monsieur le vice président.

S.M. : Je suis là en ce jour dans le cadre des activités du projet « Handi Motivation » du Département Autonomisation d’IPADEMCI. En effet, ce projet vise à aider les personnes handicapées à se prendre en charge. Dans ce sens, nous organisons des formations et des partages d’expériences et d’opportunités. Aussi, nous encourageons et faisons la promotion des personnes handicapées qui sont des modèles de réussites et constituent des sources d’inspirations pour notre communauté. Vous êtes un modèle pour votre génération, c’est pourquoi nous venons vers vous pour nous enrichir de votre expérience.
T.A. : Merci monsieur le vice président pour le choix porté sur ma personne. Votre mission est noble et à saluer, c’est pourquoi je n’ai pas hésité à vous accorder cette interview. J’espère que mon expérience pourra aider mes frères et sœurs qui cherchent quelque chose à faire.

S.M. : Quel est votre lieu de résidence et où exercez–vous votre activité ?
T.A. : J’habite à Abobo PK 18, carrefour gendarmerie et je travail ici au 2 Plateaux à l’entrée de l’hypermarché SOCOCE.

S.M. : D’Abobo au 2 Plateau ! Bravo déjà pour votre courage de braver cette distance tous les jours pour faire ce que vous aimez le plus : la peinture. Parlons-en ! Comment avez découvert votre talent de peintre ? Avez-vous fait des études à l’Institut des Beaux Arts.
T.A. : « Rires… » Non, je n’ai pas fait l’école, mais j’ai fait une formation dans un centre social d’apprentissage pour personnes handicapées : « La providence ». Ce centre a été crée à Abobo par une française, enseignante à la retraite qui a décidé de se mettre au service des personnes handicapées. Elle était une mère pour nous. Paix à son âme !

Quelques œuvres d’Adama Traoré

S.M. : Depuis combien d’années faites vous ce métier et est ce qu’il nourrit bien son homme ?
T.A. : Oui ! J’exerce ce métier depuis 10 ans et je peux dire que je gagne bien ma vie. J’ai une fille et j’ai une femme. Mes revenus me permettent d’apporter le nécessaire à ma famille. J’encourage donc mes frères et sœurs à s’intéresser à la peinture.

S.M. : Vous rencontrez comme-même des difficultés sur le terrain, lesquelles ?
T.A. : Mon souci majeur, c’est le déplacement. Mon domicile est éloigné de mon lieu de travail et ce n’est pas toujours facile d’emprunter le bus et les gbakas. Aussi, je n’arrive pas à faire connaitre mes œuvres dans tout le pays et même à l’extérieur.

SM : Quel appel voulez-vous donc lancer aux personnes de bonne volonté qui aimeraient bien vous aider ? Que peuvent-elles faire pour vous aider à mieux valoriser vos talents ?
T.A : J’ai surtout besoin d’un moyen de transport pour me déplacer et faire la promotion de mes œuvres. J’ai aussi besoin d’un financement pour agrandir mon atelier, produire encore plus et former d’autres personnes handicapées au métier de d’artiste peintre. Mon rêve est de transformer mon atelier en véritable école de formation.

S.M. : Quel message pouvez vous adresser à vos amis personnes handicapées qui se cherchent encore, comme on le dit ?
T.A. : Je demande aux personnes handicapées de ne pas s’adonner à la facilité et à la mendicité. Chacun à un talent caché en lui qu’il doit mettre en avant. Il ne faut jamais s’en prendre à Dieu à cause du handicap. Il faut se battre ! Le talent ça se passe dans la tête et c’est le travail qui paie !

A. TRAORE et S. MONNEY

S.M. : Merci cher Adama pour cette contribution de taille au succès du projet Handi-Motivation qui s’inscrit dans la dynamique de l’article 24 (b) de la Convention des Nations Unies relative aux Droits des Personnes Handicapées (CDPH) qui vise : « l’épanouissement de la personnalité des personnes handicapées, de leurs talents et de leur créativité ainsi que de leurs aptitudes mentales et physiques, dans toute la mesure de leurs potentialités ».

Bohouo Kadélé Elvige Vincent,
Juriste, Consultant sur les thématiques liées au Handicap

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