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Saint Valentin : n’oublions pas le handicap !

Chaque 14 février est dédié à la célébration de l’amour. C’est aussi le jour de la Saint- Valentin pendant lequel parmi les activités choisies pour marquer cette journée, figurent les poèmes pour déclarer sa flamme à son conjoint ou à sa conjointe. Pour cette édition 2020 de la fête des amoureux, je vous propose l’émouvant texte d’un anonyme, 42 ans, sur son épouse vivante avec un handicap. Il l’aime tout entière, avec ses appareillages.

Extraits du texte de monsieur X

Ma femme élastique

" Adolescent, je me suis souvent imaginé en couple avec une danseuse ou une contorsionniste. Étant moi-même un modèle de raideur, j’ai toujours vénéré la souplesse. Le destin facétieux allait me faire rencontrer une super héroïne digne des quatre fantastiques : la femme élastique. Elle a le corps si souple que lorsqu’elle est nerveuse, elle peut se ronger les ongles… des pieds. Elle a le cœur si souple qu’il a pu m’accueillir tout entier, moi et ma rigide présence.

Notre couple est fait de ce mélange de raideur et de souplesse, de cette alchimie étrange qui peut affronter tous les périls, depuis dix ans déjà, sans rompre. Nous nous comprenons souvent à demi-mot et sommes tous deux plus soucieux de l’autre que de nous-mêmes. Mais cette entente idéale n’est pas née immédiatement. (…)

Le ciel étoilé de ses taches de rousseur

Mon genre, c’était plutôt la simplicité alors que je suis marié avec la femme la plus sophistiquée du monde. Mon genre, c’était plutôt “la femme nue”, dans le plus simple appareil alors que question appareillage, je suis gâté : attelles, plâtres, électrodes, chauffe-nuque, minerve, orthèses en tout genre… Très souvent, je mets du temps à retrouver mon épouse parmi cette écrasante présence médicale.

Mais rapidement, le miracle se produit. Ma femme sourit, répond par un trait d’humour et ma journée s’illumine. Je retrouve ses beaux yeux derrière ses lunettes, je retrouve le ciel étoilé de ses taches de rousseurs que j’aime tant et je fais totalement abstraction du reste. Je ne vois plus qu’elle et je ne touche plus qu’elle.

L’être le plus vivant que je connaisse

La maladie, le handicap sont tous deux rangés au rayon des accessoires et on préférerait les voir en partance pour la déchetterie. Notre vie est peut-être empoisonnée par ça mais l’humour, l’amour, les plaisirs sont des antidotes. (…)

Un être humain n’est pas dissociable de son handicap, surtout lorsque celui-ci est permanent et ancien. J’aime ma femme, atteinte du syndrome. J’accepte cette particularité qui fait partie intimement de son être. Mais je ne la réduis pas à sa maladie. Elle est l’être le plus énergique et vivant que je connaisse. (…)

LOGOVI Jean-Pierre rédacteur Proadiph TOGO

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