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SITUATION DES PERSONNES VIVANT AVEC L’ALBINISME AU SENEGAL

La prévalence de l’albinisme est d’une naissance sur 20 000 dans le monde et d’une naissance sur 4 000 en Afrique1.

Au Sénégal, le taux de prévalence de l’albinisme est difficilement chiffrable. En effet, selon l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (ANSD), le nombre de personnes atteintes est estimé à 2040, alors que l l’Association nationale des albinos du Sénégal (ANAS) avance le chiffre de 10 500 sur une population globale d’environ 14 millions d’habitants.
Discriminations à l’encontre des albinos est une marginalisation réelle

Il ressort des informations publiques disponibles sur la situation des personnes victimes d’albinisme au Sénégal que ces derniers font l’objet d’un rejet important de la part de la société et, partant, de nombreuses discriminations. Un rapport d’Integrated Régional Information Networks (IRIN) de « 2008 » souligne que les albinos sénégalais font face à des violences ou à des meurtres rituels comme dans en Tanzanie ou au Burundi. Cet élément est confirmé par le département d’Etat américain. Toutefois, ils sont mis à l’écart de la société, marginalisés par le reste de la population. Ils éprouvent des difficultés à trouver un emploi et nombre d’entre eux sont obligés de mendier pour vivre.

L’ANAS atteste que les PVA sont victimes de discriminations . Ces sources évoquent ainsi leurs difficultés à accéder aux soins, à l’éducation et à la santé, et rappellent leur mise à l’écart de la société. Les témoignages recueillis par IRIN auprès d’albinos vivant à Dakar confirment leur marginalisation. Les personnes interrogées évoquent par exemple leur recours à la mendicité comme moyen de subsistance en raison de leur impossibilité de faire des études ou d’être embauchées dans une entreprise, les insultes quotidiennes à leur encontre, le refus de leurs voisins et de leurs familles de s’asseoir à leurs côtés ou encore de les voir épouser une personne non atteinte d’albinisme.

Une crainte avérée de graves sévices

Durant les campagne présidentielle, de nombreuses rumeurs ont fait état d’enlèvements d’albinos pour des rites sacrificiels. Le président de l’association ANAS affirme avoir recensé sept assassinats et dix tentatives d’enlèvements depuis le début de l’année 2012. Selon lui, cela n’était jamais arrivé auparavant.
Si la crainte de sacrifices humains est un phénomène nouveau au Sénégal, les discriminations et les superstitions sont ancrées depuis longtemps dans les mentalités. Selon le docteur Mahmadou Mbodj, psychiatre à Dakar : « On les PVA sont considère à la fois comme des semblables, très proches de nous, et comme des êtres venus d’ailleurs. Dans le milieu africain, où la réalité humaine cohabite toujours avec celle des esprits invisibles, les PVA ont souvent été perçus comme étant à part, venus de l’autre monde »9.

Le journal Jeune Afrique rapporte par ailleurs dans un article consacré aux aprioris sur les albinos : « Au Sénégal, plusieurs dizaines de femmes albinos se font violer tous les ans. Une croyance veut que cela soigne le sida .

Toutefois, l’existence de croyances similaires est évoquée par des albinos vivant dans d’autres pays d’Afrique subsaharienne. A cet égard, dans un article paru en mai 2018, une albinos ivoirienne affirme avoir été victime d’une tentative d’agression sexuelle menée par un individu à qui un marabout avait conseillé d’avoir des rapports sexuels avec une femme albinos pour soigner sa maladie.

1.3. Risques sanitaires

Les albinos font face à de nombreux problèmes de santé qui ne sont pas pris en charge par le système de santé sénégalais. Outre les cancers de la peau, ils ont pour la plupart de graves troubles de vue. Ces risques sanitaires ont des conséquences néfastes sur leur accès à l’éducation, à l’emploi et à leur intégration dans la société.

L’ANAS déplore : « Sans crème solaire à indice très puissant, nous sommes condamnés au cancer de la peau. Or ces crèmes sont introuvables au Sénégal. Il faut les importer, ça coûte très cher. Nous avons aussi besoin de soins constants pour nos yeux, notre peau. Mais ici les hôpitaux sont dépourvus de tout .

Les albinos atteints de cancer de la peau n’ont une espérance de vie que de 45 ans et environ 30 à 35 albinos meurent de cancer chaque année au Sénégal. L’ANAS a lancé sans succès plusieurs appels pour la mise en place d’une usine de fabrication des crèmes solaires au Sénégal et l’exonération des droits de douane sur ces produits.

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