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Activités

Projet de renforcement de la participation politique et citoyenne des personnes handicapées dans les processus électoraux en Cote d’Ivoire. Phase 1 : Inscription sur la liste d’enrôlement.

la COPHCI: Confédération des Organisations des Personnes Handicapées de Cote d'Ivoire à bénéficier d'un cofinancement de l'Union Européenne et CBM Allemagne dans le cadre du renforcement de la participation politique et citoyenne des personnes handicapées dans les processus électoraux en Cote d'Ivoire de 2020 à 2023 dans cinq localité dont Yopougon, Abobo, Port-Bouet, Bouaké et Daloa. Dans sa phase 1: c'est l'Inscription sur la liste d'enrôlement : - Observations des centres d'enrôlement, - Sensibilisation des personnes handicapées en âge de voté a s'inscrire sur la liste électorale, - Plaidoyer en faveur des personnes handicapées.

L‘action que propose CBM en tant qu’organisation de la société civile vise à contribuer à la promotion des droits civiques et politiques et à l’inclusion des Personnes vivant avec un handicap en Côte d’Ivoire en assurant leur pleine et effective participation au processus électoral pour des élections présidentielles et locales inclusives. L’action étant essentiellement orientée sur la participation politique et publique des Personnes Handicapées aux futures échéances électorales,
En offrant l’opportunité aux leaders des organisations de personnes handicapées (OPH) et aux différentes parties prenantes de se former sur les thématiques liées aux actions,
l’action envisagée permettra de renforcer leurs compétences en matière d’éducation civique et citoyenne. Les séances de sensibilisation qui s’en suivront abonderont dans le même sens en éduquant les électeurs pour faire émerger une conscience civique collective qui prend en compte toutes les couches de la société pour des élections inclusives. Par ailleurs, la dynamique participative du projet permettra aux différents acteurs de se rencontrer et de débattre et ainsi dissiper les tensions et malentendus pour un processus électoral pacifique dont les résultats seront acceptés de tous.

Selon le rapport mondial sur le handicap publié en juin 2011 par la Banque Mondiale et l’OMS, 15% de la population mondiale est en situation de handicap, soit 650 millions de personnes et selon le P.N.U.D. (Programme des Nations unies pour le développement), 80% de ces personnes vivent dans les pays en voie de développement. Toujours selon une étude de la Banque Mondiale, 20 % des personnes les plus pauvres sont handicapées et ont tendance à être discriminées par les membres de leur communauté et les pouvoirs publics. Ces chiffres montrent l’urgence de la situation et la nécessité d’agir afin de garantir une pleine inclusion des PvH dans la société par le respect de leurs droits. Cela implique outre les aspects liés à l’éducation, à l’emploi et aux moyens de subsistance etc., la participation à la vie politique et publique qui constitue un pan fondamental du développement social inclusif. En effet, la pleine et effective participation des PvH aux décisions qui les touchent elles-mêmes sur le plan local et national constitue un important levier pour surmonter l’exclusion, la discrimination et démanteler toutes les barrières que les personnes handicapées rencontrent au quotidien. Si cette participation est consacrée par divers instruments internationaux et nationaux tels que la convention relative aux droits des PvH dont l’article 29 porte sur la participation à la vie politique et à la vie publique, elle est loin d’être une réalité. Ainsi, en matière de prise de décisions, de nombreuses barrières subsistent comme par exemple, le manque d’informations accessibles sur les réunions et consultations publiques, les partis politiques, le vote et l’inscription sur les listes électorales, les barrières physiques pour accéder aux bâtiments publics, y compris aux tribunaux, aux centres d’inscription sur les listes électorales et aux bureaux de vote, des bureaux de vote situés dans des salles trop petites pour accueillir des personnes en fauteuil roulant et des urnes placées sur des tables hautes, l’absence d’informations accessibles sur les procédures de vote pour les électeurs présentant des handicaps sensoriels, le personnel électoral peu formé etc. La journée internationale des personnes handicapées 2018 célébrée autour du thème « autonomiser les PvH et assurer la participation et l’égalité » a été justement l’occasion de rappeler cet état de fait.

La Côte d’Ivoire qui compte 453.453 personnes handicapées dont 42% de femmes selon le Récemment général de la population et de l’habitat (RGPH) de 2014 (135 342 dans les localités de mise en œuvre du projet dont 100 000 en âge de voter) n’est pas en marge de cette situation. En effet bien que le pays ait ratifié en 2014 la convention internationale relative aux droits des PvH et qu’il existe une Direction de la Promotion des Personnes Handicapées (DPPH), la pleine et effective participation politique des PvH n’est pas encore une réalité. C’est ce que soulignait Vincent Bohouo de la Confédération des Organisations des Personnes Handicapées de Côte d’Ivoire (COPHCI) lors du concours international des droits de l’homme organisé par la fondation Friedrich Naumann du 03 au 06 décembre 2018 en Afrique du Sud, le droit de vote n’est pas interdit aux personnes handicapées en Côte d’Ivoire. Mais dans les faits, c’est presque tout comme La question de la participation des PvH à la vie politique demeure donc un défi majeur à toutes les étapes des processus électoraux. En effet, si des avancées sont à saluer quant au recensement général la population qui intègre la thématique du handicap dans le questionnaire de collecte de données, cela n’est pas encore le cas pour l’établissement de la liste électorale qui n’a aucun item sur la question du handicap. D’ailleurs, aucune disposition n’est prise pour garantir l’accessibilité de l’information au cours de la période de sensibilisation préalable à l’enrôlement des électeurs. Cela aboutit donc à un listage électoral non inclusif contribuant ainsi à occulter la question du handicap aux autres étapes du processus électoral et explique par ailleurs le manque de statistiques officielles sur la participation politique des personnes handicapées.

La période de la campagne est aussi fortement affectée par cette situation et est caractérisée notamment par l’épineuse question de l’accès à l’information. Que ce soit dans les médias, au cours des meetings des différents candidats et des débats, des supports de communication, aucune disposition n’est prise pour tenir compte des besoins spécifiques des PvH sensoriels en termes d’interprétation en langage de signes ou encore de production de support de communication en braille. A cela s’ajoute l’inaccessibilité physique des espaces clés d’expression tels que les sièges de la Télévision et de la Radio Nationale. Au demeurant, la thématique du handicap semble ne pas constituer un axe prioritaire pour les différents acteurs au regard du fait qu’elle est très peu ou maladroitement abordée. C’est donc tout naturellement que les PvH accordent très peu d’intérêt aux processus électoraux avec pour conséquence leur faible participation aux scrutins. Pour celles qui se décident à aller voter, il se pose la question de l’accessibilité aux bureaux de vote et le manque d’aménagement raisonnable pour un vote autonome. Alors que l’article 02 du code électoral stipule que le vote est libre, égal et secret , l’article 37 fait mention de ce que, une personne handicapée peut se faire assister par une autre le jour du vote. Cela représente un risque qui pourrait exposer la personne handicapée à d’éventuelles représailles comme la COHPCI a pu l’observer par endroit.

C’est dans ce contexte générale de négation des droits politiques et civiques des PvH que s’inscrit l’action proposée par CBM. L’initiative permettra donc d’apporter une réponse adaptée à la question de l’enrôlement des PvH sur la liste électorale, de l’accès à l’information et de la participation pendant la période de campagne et aussi à celle de leur participation pleine et effective au scrutin. De ce fait, l’action est parfaitement alignée avec le plan d’action continental pour la Décennie africaine des personnes handicapées 2010– 2019 élaboré par le Département des Affaires Sociales de la Commission de l’Union Africaine. Ce plan propose au titre des actions prioritaires à mener pour promouvoir l’intégration des PvH dans tous les secteurs de la société entre autres mesures, de plaider en faveur de modifications dans les lois électorales pour qu’elles incluent les besoins des PvH, d’assurer que toutes les étapes des processus électoraux soient inclusives et accessibles aux PvH, y compris la campagne, l’observation des élections et le vote et de former et renforcer les capacités des PvH à participer et à diriger les affaires publiques .

Dans sa phase 1 ce projet se penche sur :
- L’observation des centres d’enrôlement :
Ce qui a permis de faire ressortir les difficultés d’accessibilité physique des centres d’enrôlement et les difficultés de communication entre les agents de la CEI ( Commission Électorale Indépendante) et les personnes Sourdes.

- Sensibilisation des personnes handicapées en âge de voté a s’inscrire sur la liste électorale :
Ce qui a permis de mobiliser les personnes handicapées en âge de voté a s’inscrire sur la liste électorale en vu de participer aux processus électoraux et de constituer une force vive étant que les personnes handicapées représente 10% de la population,

- Plaidoyer en faveur des personnes handicapées :
Ce qui a permis de mettre en place un cadre d’échange et de dialogue avec la CEI( Commission Électorale Indépendante) ; avec la société civile le CNDH( Conseil National des Droits de l’Homme et la LIDHO( Ligue Ivoirienne des Droits de l’Homme) ; les parties politique ; l’UNJCI( l’Union Nationale des Journalistes de Côte d’Ivoire)

En somme cette phrase 1 sais déroulé pendant la période d’enrôlement du 20 Juin 2020 au 30 Juin 2020

Rédacteur PROADIPH
DIABATÉ ADAMA

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