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Niger : Les femmes handicapées poursuivent la lutte pour l’inclusion

Le monde a célébré le 08 mars dernier l’édition 2020 de la journée internationale des droits de la femme sous le thème « penser équitablement, bâtir intelligemment, innover pour le changement ».

Un thème qui sans doute place la femme au cœur du développement à travers l’innovation. Conscientes du rôle à jouer pour atteindre la portée de ce thème, les femmes handicapées du Niger se sont organisées en groupement. Parmi lesquels nous retenons ‘‘Nia’’ et ‘‘Wafakaye’’ qui se traduisent par ‘‘volonté’’ et ‘‘unité’’. Crées entre 2004 et 2005, ces deux groupements comptent en tout 14 femmes, toutes personnes handicapées locomotrices. Nia et wafakaye ont beaucoup de chose en commun. « Nous exerçons les mêmes activités à savoir : la couture, la teinture baltique, le savon liquide, l’encens, les porte-clés, eau de javel… Nous avons une même vision la lutte contre la pauvreté, la mendicité et la marginalisation dont nous continuons d’être victimes  » souligne Hadjara Habi membre du groupement Nia.
Habitant différents quartiers de la ville de Niamey, les femmes de Nia et de wafakaye se retrouvent chaque lundi et jeudi pour discuter, échanger et s’informer sur l’actualité, sur la vie socio-politique de la nation et sur les voies et moyens de se développer afin de participer au développement du pays. « C’est un espace sûr pour nous, pour parler de nos réussites, de nos échecs ainsi que de nos projets. Nous nous exprimons librement et chaque opinion est prise en compte » précise Fati Saadou, membre du groupement wafakaye.
Individuellement ou en groupe les femmes handicapées se battent au quotidien contre les maux qui les assaillent. Cependant, force est de constater que des obstacles freinent encore leur développement. Au rang de ces contraintes, la mévente des produits fabriqués par les personnes handicapées, le manque de visibilité, l’insuffisance de soutien de la part de toutes les parties prenantes, tant d’embûches qui laissent la place au découragement, à l’incertitude, tout en favorisant l’oisiveté et la mendicité. « Dans toute entreprise il faut de l’aide, petite soit-elle. Si on n’est pas soutenu, on risque de baisser les bras, et c’est ce qui est arrivé à plusieurs d’entre nous. Il n’y a rien qui motive. C’est triste mais, c’est la réalité » s’indigne Fati Boubacar présidente nationale des femmes handicapées du Niger.
Au regard des efforts fournis par les personnes handicapées en général et des femmes handicapées en particulier, chacun de nous est appelé à jouer pleinement sa partition pour leur donner la chance de bâtir un monde meilleur. A cet effet, il est donc grand temps que les responsabilités soient situées. S’agissant des populations, elles doivent lever les barrières et les préjugés qui perçoivent les produits fabriqués par les personnes handicapées comme des ‘‘produits handicapés’’. Les autorités (notamment celles communales et ministérielles), quant à elles, doivent acheter tous leurs produits cosmétiques auprès des femmes handicapées. En effet, c’est seulement en agissant ainsi que nous pouvons contribuer à la lutter contre la discrimination et la mendicité, c’est ainsi que nous permettrons leur inclusion et leur
participation au développement social.

Bissoundi Zeinabou pour la FNPH

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