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La problématique de l’autonomisation de la femme handicapée en côte d’Ivoire

La situation des personnes handicapées en général reste préoccupante à travers le monde ; et celle des femmes handicapées l’est encore d'avantage.

En effet, à la vulnérabilité du statut de femme s’ajoute une autre vulnérabilité, encore plus marquante, celle de personne handicapée. C’est pour cela que de nombreux spécialistes des questions relatives au handicap considèrent les femmes handicapées comme une catégorie sociale particulièrement vulnérable. Et pourtant malgré cette spécificité catégorielle, les actions et stratégies restent encore confinées dans une démarche générale, sans tenir compte vraiment de cet impératif de traitement spécial.
Au demeurant, cette approche n’est pas sans conséquence sur la visibilité nécessaire au traitement de la question relative à l’autonomisation socio-économique des femmes handicapées.

La femme handicapée ne tire pas son épingle du jeu. Elles sont pour la plupart dans des situations financières précaires, ont peu d’autonomie financière et même fréquemment vivent des situations de survie. Peu formées, peu qualifiées, elles ont un taux de chômage deux fois plus élevé que celui des personnes dites « valides »,

L’analyse des freins laisse apparaître deux catégories de freins, ceux d’ordre personnel d’une part et d’autre part ceux d’ordre environnemental.

Environnemental
Inaccessibilité des services dédiés à l’insertion sociale des personnes handicapées
Personnel de services inaptes à accueillir des personnes handicapées
Faiblesse de la communication sur les politiques publiques de promotion des droits des personnes handicapées et absence de perspective sexospécifique
Inaccessibilité aux aides techniques

Personnel
Manque de confiance en soi pour approcher les services publics
Faiblesse du niveau scolaire des femmes handicapées et de qualification professionnelle
Difficile conciliation entre vie domestique et recherche d’emploi chez la femme handicapée
Faiblesse managériale et organisationnelle des OPH
Faiblesse de mobilité des femmes handicapées due aux facteurs environnementaux souvent exclusifs

Si des efforts ont été consentis aussi bien au niveau international qu’au niveau national, il faut tout de même s’arrêter sur des actions fortes qui feront progresser la condition sociale et économique de la femme handicapée de manière à respecter les principes d’égalité des chances, d’inclusion et d’universalité des droits comme le stipule certains articles de la CDPH.. Tout ceci, dans une démarche tout à fait conforme au statut de leader de notre pays en matière de promotion des droits de l’Homme et de l’égalité des chances en Afrique.
Aussi, est-il important d’accorder encore plus d’attention au renforcement de la sensibilisation et du plaidoyer pour une effective application de la CDPH, à la promotion de la perspective sexospécifique par l’encouragement d’un véritable leadership de femmes handicapées et leur positionnement dans l’entreprenariat au détriment de la microfinance classique.

Aussi, la promotion de l’approche inclusive dans les politiques publiques d’accompagnement et de financement des projets des jeunes et des femmes et articuler davantage les filets sociaux et amplifier une communication ciblée. Il faudra également mettre à contribution les opérateurs de téléphonie mobile (ORANGE, Moov, MTN) en faveur d’une promotion du concept « HANDISHOP », boutiques dédiées aux personnes handicapées dans le cadre de la stratégie inclusive. Créer les synergies de pensée et d’action à travers des conventions de partenariat, avec des organisations de défense des droits humains pour positionner les droits spécifiques des femmes handicapées dans leurs plans de communication.

Enfin il s’agira de mieux prendre en compte la dimension genre dans les programmes sociaux destinés aux personnes handicapées.

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