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L’organisation Des Nations unies se prononce...

L'organisation Des Nations unies se prononce sur la thématique du handicap dans cette période du covid 19.A travers une déclaration elle se pononce sur la question des personnes handicapées.

Une équipe mobile de santé mentale traite les patients vivant dans des abris de fortune à Chapagaun,
PAR LE DÉPARTEMENT DE LA COMMUNICATION GLOBALE
COVID-19 : l’ONU inquiète du recul des droits des personnes handicapées
À propos de l’auteur
Département de la communication globale
Il partage l’action de l’ONU aux quatre coins du monde, à l’aide de plateformes numériques ou traditionnelles.

17 avril 2020 - Interruption des services habituels, manque d’informations accessibles, risques d’isolement, de discrimination et de basculement dans la pauvreté : la crise sans précédent liée à la pandémie de COVID-19 s’accompagne souvent d’un recul des droits des personnes handicapées, s’alarment les Nations Unies, qui appellent les États à intégrer les besoins de ces personnes dans leur réponse et à respecter les normes internationales en matière de droits de l’homme.

Pour cela, un cadre existe. Dans son article 11, la Convention relative aux droits des personnes handicapées (CDPH), adoptée en 2006 par l’Assemblée générale des Nations Unies et ratifiée à ce jour par 177 États, prévoit que ceux-ci prennent « toutes mesures nécessaires pour assurer la protection et la sûreté des personnes handicapées dans les situations de risque, y compris les conflits armés, les crises humanitaires et les catastrophes naturelles ».

Ces mesures concernent tous les domaines de la vie des personnes handicapées, notamment « la protection de leur accès au meilleur état de santé possible sans discrimination, le bien-être général et la prévention des maladies infectieuses », rappellent, dans une déclaration conjointe, Danlami Basharu et María Soledad Cisternas Reyes, respectivement Président du Comité des droits des personnes handicapées des Nations Unies et Envoyée spéciale du Secrétaire général sur le handicap et l’accessibilité.

Les deux responsables onusiens ajoutent que, dans la mise en application de la CDPH, les États sont également appelés à « assurer la protection contre les attitudes négatives, l’isolement et la stigmatisation qui peuvent survenir pendant la crise ». Autant de mesures qui devraient, selon eux, « garantir que la vie et les droits des personnes handicapées soient adéquatement protégés face à la pandémie de COVID-19 ».

Droits de l’homme et Objectifs de développement durable
Ils notent par ailleurs que la Convention, traité international des droits de l’homme, fournit aux États une « structure juridiquement contraignante » pour la réalisation des Objectifs de développement durable (ODD) et de leurs cibles. En mettant en œuvre leurs obligations en vertu de la CDPH et en respectant les engagements pris dans le Programme de développement durable à l’horizon 2030, les États sont donc « en mesure de protéger les droits et le bien-être des personnes handicapées », font-ils valoir.

Le Programme 2030 indique, à cet égard, que le handicap ne peut constituer un motif ou un critère justifiant le manque d’accès aux programmes de développement ou le non-respect des droits des personnes. De surcroît, les ODD comprennent sept cibles qui font explicitement référence aux personnes handicapées, six autres étant dédiées aux personnes en situation de vulnérabilité, dont font partie les personnes handicapées.

Face à une situation telle qu’une épidémie, ces cibles proposent aux États de répondre par la réalisation d’une couverture sanitaire universelle, l’accès aux médicaments et aux vaccins ainsi que la promotion de la santé mentale et du bien-être. Elles préconisent en outre le renforcement des capacités de tous les pays en matière d’alerte précoce, de réduction des risques et de gestion des risques pour la santé nationale et mondiale.

 

« Même en ces moments imprévisibles, nous devons nous attacher à consulter les personnes handicapées et les organisations qui les représentent, et faire en sorte que les façons non traditionnelles de travail, d’apprentissage et de contacts les uns avec les autres, ainsi que la réponse internationale face à la COVID-19, soient inclusives et accessibles à tous », António Guterres
 

Des vulnérabilités exacerbées par la crise actuelle
Alors qu’un grand nombre d’États ont imposé des mesures de distanciation sociale pour prévenir et enrayer la propagation du virus, ils ne sont pas toujours suffisamment attentifs à la situation et aux besoins spécifiques des personnes handicapées. « Les mesures de confinement, comme l’éloignement social et l’auto-isolement, peuvent se révéler impossibles pour ceux qui doivent compter sur les autres pour manger, s’habiller et se laver », relève Catalina Devandas, Rapporteuse spéciale des Nations Unies sur les droits des personnes handicapées.

Dans ce contexte, l’experte s’inquiète de l’interruption des services de soutien indispensable aux personnes en situation de handicap. Les systèmes de santé, à commencer par ceux des pays fragiles, sont dépassés par l’ampleur de la pandémie et bien souvent incapables d’assurer les autres soins. Cet appui est pourtant « fondamental pour leur survie », affirme-t-elle dans une récente tribune, jugeant que « les États doivent prendre des mesures de protection sociale supplémentaires pour garantir la continuité du soutien de manière sûre tout au long de la crise ».

Elle se montre aussi préoccupée par la situation des personnes handicapées vivant en milieu fermé, qu’il s’agisse d’institutions, d’établissements psychiatriques ou de prisons, du fait du risque élevé de contamination et du manque de surveillance externe, aujourd’hui aggravé par le recours à des pouvoirs d’urgence pour raison sanitaire.

Selon elle, « les restrictions doivent être étroitement adaptées et utiliser les moyens les moins intrusifs pour protéger la santé publique ».

D’une manière générale, des « mesures d’accommodement raisonnables » sont nécessaires pour permettre aux personnes handicapées de réduire les contacts et le risque de contamination, plaide Mme Devandas. Ces personnes devraient ainsi pouvoir travailler à domicile et bénéficier de congés payés pour garantir la sécurité de leur revenu. 

Le travail, un défi à l’heure de la COVID-19
Les Nations Unies estiment à environ un milliard le nombre des personnes handicapées, soit 15% de la population mondiale. Sur ce total, près de 80% sont en âge de travailler, selon l’Organisation internationale du travail (OIT). Cependant, observe-t-elle, le droit au travail décent leur est souvent refusé, leur taux de chômage et d’inactivité économique est plus élevé que la moyenne, et cette situation risque de s’aggraver dans la période actuelle.

Pour faire face à cette menace, l’OIT en appelle au respect strict du droit du travail et au renforcement de la protection sociale, notamment pour couvrir les dépenses liées au handicap. Elle demande aussi que soient soutenues les mesures visant à promouvoir l’égalité. « Les politiques de télétravail devraient garantir que les employés handicapés bénéficient d’aménagements appropriés dans leur domicile, comme ils devraient l’avoir dans leur lieu de travail habituel », précise-t-elle dans une note d’orientation.

Cette préconisation a été reprise par plusieurs des intervenants à un webinaire organisé en mars par l’OIT autour des questions liées à l’impact de la COVID-19 dans le monde du travail. Bella Gor, consultante de l’organisation britannique Business Disabilities Forum (BDF), a ainsi rappelé que le télétravail est de la responsabilité des employeurs, lesquels doivent prendre toutes mesures appropriées pour ne pas exclure les personnes handicapées, en particulier les personnes mal entendantes ou ayant des problèmes de vision.

Au cours de ce même séminaire en ligne, Yves Veulliet, en charge des questions de handicap et d’inclusion chez IBM, a indiqué que son entreprise favorisait le travail à domicile en autorisant les employés à emporter chez eux le matériel utilisé au bureau. Une attention particulière est accordée à l’adaptabilité des équipements et à la communication régulière avec les employés en situation de handicap, a-t-il dit. Ce dernier point a aussi été soulevé par Jon Messenger, spécialiste des conditions de travail à l’OIT, qui a mis en garde contre les possibles répercussions mentales liée à l’isolement, surtout pour les personnes travaillant à temps plein depuis chez elle.  

Dans sa note, l’agence onusienne considère que les mesures prises pour assurer la continuité du travail en réponse à la pandémie, en particulier l’auto-isolement, devraient « tenir compte de la situation particulière des personnes handicapées, surtout du fait que certaines d’entre elles peuvent avoir besoin d’une assistance personnelle ».

L’accessibilité en question
Soucieuse que les personnes handicapées ne soient pas « à nouveau laissées pour compte » dans la réponse à la crise, l’OIT se fixe pour autre priorité de « veiller à ce que la communication soit accessible et inclusive ». Pour l’agence, tous les moyens de communications liées à la santé publique, à l’éducation et au travail doivent être adaptés aux personnes en situation de handicap. Il importe aussi, selon elle, que la communication aborde la « situation particulière » de ces personnes.

« Pour faire face à la pandémie, il est essentiel que les informations sur la façon de prévenir et de contenir le coronavirus soient accessibles à tous », confirme Catalina Devandas. De l’avis de la Rapporteuse spéciale, « les campagnes prodiguant des conseils et les informations émanant des autorités sanitaires nationales doivent être mises à la disposition du public en langue des signes et dans des moyens, modes et formats accessibles, y compris la technologie numérique accessible, le sous-titrage, les services de relais, les messages texte, faciles à lire et en langage clair ».

L’experte des Nations Unies juge également crucial de rassurer les personnes handicapées sur le fait que leur survie est une priorité. Elle exhorte à cette fin les États à établir des protocoles clairs pour les urgences de santé publique afin de garantir que, « lorsque les ressources médicales sont rares, l’accès aux soins de santé, y compris les mesures de sauvetage, ne discriminent pas les personnes handicapées ».

De plus, ajoute l’experte, « les organisations de personnes handicapées devraient être consultées et impliquées à toutes les étapes de la réponse à la COVID-19 ». Une position également soutenue par les participants à un échange en ligne organisé mercredi par Ana Maria Menéndez, conseillère principale du Secrétaire général pour les questions politiques, et le Dr Ren Minghui, Sous-Directeur général de l’OMS en charge des maladies transmissibles et non transmissibles. Au centre des discussions : l’intégration des personnes en situation de handicap dans les plans de reprise progressive développés par les pays.

La situation particulière de l’autisme
Ces débats et préconisations trouvent aussi un écho dans la situation des personnes atteintes d’autisme. Selon l’OMS, les troubles du spectre autistique durent toute la vie et se manifestent durant la petite enfance, sans distinction de sexe, de race ou de situation socioéconomique. Ils se caractérisent notamment par « un certain degré d’altération du comportement social, de la communication et du langage, et par la modicité des centres d’intérêts et des activités ».

La crise sanitaire actuelle et ses conséquences multiplient les obstacles auxquels se heurtent ces personnes dans l’exercice de leurs droits, a averti le Secrétaire général de l’ONU. « Les personnes autistes ont le droit à l’autodétermination, à l’indépendance et à l’autonomie, ainsi qu’à l’éducation et à l’emploi, au même titre que les autres », a-t-il déclaré à l’occasion de la Journée internationale de l’autisme célébrée le 2 avril.

Dans leur réponse à la COVID-19, « les gouvernements ont la responsabilité de s’assurer qu’au cours de leurs interventions, ils tiennent compte des personnes autistes, qui ne doivent jamais subir de discrimination lorsqu’elles sollicitent des soins médicaux », a poursuivi António Guterres, souhaitant qu’elles puissent continuer à avoir accès aux systèmes de soutien en restant chez elles « au lieu de faire face à la perspective d’une institutionnalisation forcée ».

« Même en ces moments imprévisibles, nous devons nous attacher à consulter les personnes handicapées et les organisations qui les représentent, et faire en sorte que les façons non traditionnelles de travail, d’apprentissage et de contacts les uns avec les autres, ainsi que la réponse internationale face à la COVID-19, soient inclusives et accessibles à tous », a encore souligné le chef de l’ONU.

ANTÓNIO GUTERRES
Nous sommes tous dans le même bateau. Le virus nous menace tous. Les droits humains nous grandissent tous.
La pandémie de COVID-19 relève d’une situation d’urgence sanitaire publique – mais elle est bien plus que cela. C’est une crise économique. Une crise sociale. Et une crise humaine qui se transforme rapidement en crise des droits humains.

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Marcel Candide HINVY, Journaliste spécialisé dans la question du Handicap et des droits. Rédacteur sur le site Web proadiph

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