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INTERVIEW / handicap et afropreunariat : Détentrice d’un salon de coiffure, Aissatoumali diallo invite ses consœurs porteuses de handicap à ne pas baisser les bras.

La trentaine, mademoiselle Aissatou Diallo est handicapées des deux jambes depuis son enfance suite à la polio. Cela ne l’a pas empêché d’avoir une licence en administration des affaires et d’ouvrir un salon de coiffure qu’elle gère depuis près de trois ans au quartier Bantounka (Cosa) dans la commune de Ratoma. Elle est aussi trésorière adjointe à la FEGUIPA (fédération guinéenne des associations des personnes handicapées). Laguineenne.info l’a rencontré ce 3 décembre à l’occasion de la journée internationale des personnes handicapées.

Aujourd’hui coiffeuse comme pour dire que le handicap n’est pas une fatalité ?
Bien sûr. Ça fait bientôt trois ans que j’ai ouvert ce salon pour montrer à tout le monde qu’on peut faire comme les autres.

Quelles sont les prestations que vous offrez dans ce salon ?
Coiffure, tresses, soins de visage, pédicure et manucure. Je suis aussi dans le naturel c’est à dire le traitement des Cheveux crépus pour lesquels je fait aussi des bains d’huile au karité. Il y a aussi les loocks.

Quand les clientes viennent et trouvent que vous êtes une personne handicapée rebroussent t’elles chemin ou vous font elles confiance ?
Au contraire le fait que je sois une personne handicapée les motive à venir à tout moment. Il y a deux autres salons à proximité du mien mais elles préfèrent venir chez-moi. Elles disent que je suis joviale et pas complexée par mon handicap. Mais au début quand j’ai ouvert le salon deux dames ont voulu se maquiller. Dès que la première m’a vu elle a dit c’est une personne handicapée qui est là, et que celle-là peut faire quelque chose ? Sa camarade a dit, essayons. Et l’autre a répliqué passe la première on va voir. Après le maquillage elles étaient contente, elles s’ont excusées et m’a encouragé. Dès lors c’est ici seulement qu’elles se coiffent.

Vous sentez vous stigmatisée voir rejetée hors de votre salon ?
Non. Chaque fois que je sors, les gens me demandent ce que je fait. Quand je leur parle de mes activités ils m’encouragent.

A quoi est dû votre handicap ?
A la poliomyélite à l’âge de 3 – 4 ans. Mais mes parents m’ont scolarisé. J’ai fait l’université et aujourd’hui j’ai ma licence en administration des affaires.

Qu’envisagez-vous pour le futur ?
Je souhaite agrandir mon salon et former des filles handicapées. C’est mon rêve de les voir autonomes et quitter la rue.

Pour vous la mendicité n’est pas une solution ?
Pas du tout. Quelle que soit le type de handicap, la personne peut faire quelque chose. Je saisis cette occasion pour les inviter à quitter la rue. La pauvreté n’est pas une excuse pour mendier éternellement sous la pluie ou le soleil. En cas de force majeur tu peux faire la mendicité une ou deux fois pour avoir un petit fonds que tu vas investir dans une activité génératrice de revenus.

Récemment on a assisté à Kindia à la vulgarisation de la loi portant promotion et protection des personnes handicapées, avez vous espoir que son application apportera un changement dans vos vies ?
Oui. Déjà notre département Action Sociale et sa direction ont mis des rampes d’accès pour les personnes en fauteuil roulant. Il y a aussi eut certains personnes handicapées qui sont employés par le gouvernement.

Ce 3 décembre 2019 vous avez célébré la journée mondiale des personnes personnes handicapées ; qu’est ce qui vous a marqué ?
Nous l’avons bien fêté à la cité de solidarité où un centre d’apprentissage de métiers à été inauguré. Des personnes handicapées qui évoluent seules ont été appuyés en matériel de travail malgré que la remise physique des matériels n’ait pas eu lieu.

Qu’attendez vous des autorités ?
Tout en remerciant le Chef de l’État et la ministre de l’action sociale qui se battent pour l’épanouissement des personnes handicapées, je les invitent à redoubler d’efforts pour que cette couche vulnérable de la société ait eux aussi accès aux postes de prise de décision dans le pays.

Hadjiratou Bah

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