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Activités

DES PARLEMENTAIRES ACP-UE ET LE HANDICAP A LOME (TOGO)

Les efforts du Togo de redorer son blason sur l’échiquier international ont permis la venue des membres de l’assemblée parlementaire paritaire ACP-UE (Afrique Caraïbe et Pacifique Union Européenne) venus pour tenir leur vingt-deuxième (22e) session de travail. Ils ont donné la part belle aux personnes en situation de handicap de Lomé dans les beaux gazons de l’hôtel Sarakawa de Lomé.

Venus à Lomé le 17 novembre 2011 pour une dizaine de jours, et ce pour la tenue de leur 22e session de travail, les parlementaires ACP-UE, ont prévu de venir toucher du doigt eux-mêmes la réalité des conditions de vie de personnes en situation de handicap au Togo afin de mieux comprendre les obstacles auxquels elles font face pour trouver des solutions ad hoc sur le terrain.

La finalité est d’enrichir directement le rapport sur l’Intégration des Personnes Handicapées dans les pays en voie de développement. Et ce, dans une rencontre d’échanges avec les responsables de FETAPH (Fédération Togolaise des Associations de Personnes Handicapées) et quelques associations de handicap comme ABEA (Association pour le Bien-être des Aveugles), AHVCD (Association des Handicapés Visuels pour la Contribution au Développement), CADEPH (Cercle d’Actions pour le Développement des Personnes Handicapées), APROFEHTO (Association pour la Promotion de la Femme Handicapée au Togo), APROSCULPH (Association pour la promotion du Sport, de Culture et des Loisirs pour Personnes Handicapées) et TIBI (l’association des personnes en situation de handicap artistes).

Cette rencontre d’échanges est une initiative de CBM en collaboration avec la FETAPH, GIZ, HI (Handicap International). Et elle a eu lieu dans les somptueux gazons de l’hôtel Sarakawa de Lomé de 15h à 17h. A 15h déjà l’orchestre Happy Brothers a commencé par animer la place pendant trente minutes et durant les moments de pauses avec de belles chansons pour accueillir les invités et les divertir. S’en est suivi à 15h30, le discours du Président du conseil d’administration de la FETAPH en la personne de M. Ayassou, un non voyant. Il a tenu, d’entrée de jeu, à remercier les parlementaires pour leur disponibilité et leur ferme volonté d’accompagner les efforts du gouvernement togolais de protéger davantage les intérêts des personnes en situation de handicap en ratifiant le 1er Mars 2011 passé la Convention des Nations Unies relative aux droits des personnes en situation de handicap. Il a par la suite invité les parlementaires à suivre la présentation de nouveaux projets de sa fédération et bien en tenir compte pour l’amélioration de la situation des personnes en situation de handicap au Togo.

Et pour souligner l’importance de cette tâche qui est la leur et qui est, oh combien capitale pour tout le monde, il cite Jean-Paul Sartre en ses termes : « Chacun de nous porte sur lui le poids de l’humanité sur son épaule ». Mais bien avant le résumé des nouveaux projets de la FETAPH, un intermède sous forme de sketch de sensibilisation sur les droits des personnes en situation de handicap est présenté par le groupe de théâtre et de sketch de l’association TIBI qui dénonce la discrimination faite à l’endroit des femmes en situation de handicap en terme de refus d’octroi de prêt. Ce sketch a également dénoncé la violence verbale et morale faite à leur égard sur leur santé de reproduction.

Les nouveaux projets de FETAPH concernent de façon générale l’amélioration de la qualité de vie et la réduction de la pauvreté des personnes en situation de handicap mais bien plus des personnes en situation de handicap auditif de l’Afrique de l’ouest en particulier en tenant compte de leurs droits socio-économiques. De façon spécifique, les projets visent à ce que les personnes sourdes et malentendantes des zones d’intervention ciblées comme le Niger, le Burkina Faso et le Togo aient accès à des formations professionnelles et techniques de qualité favorisant leur insertion socio-économique. Les bénéficiaires sont des travailleurs sourds et malentendants employés actuels ou potentiels de l’économie informelle, leurs familles et communautés, l’ensemble des travailleurs en situation de handicap du secteur informel et les employeurs de l’économie informelle. La durée de ces projets est de 36 mois. Elle court déjà de janvier 2011 passé pour finir en Décembre 2013 pour un budget estimé à 2.452.279,94 FCFA. La contribution attendue de l’Union Européenne est de 1.961.823 Euro soit 80% du montant total. Ces partenaires-ci entre autres sont associés aux projets : Handicap International (France), CBM Bureau régional pour l’Afrique de l’ouest (Togo), l’Association Togolaise d’Aide aux Enfants Malentendants et Sourds (Togo), l’Association des Sourds du Niger (Niger), le Centre d’Education et de Formation Intégrée des Sourds et des Entendants (Burkina Faso).

Après ce résumé de projets présenté par monsieur Katatchom, le directeur de programme de la FETAPH, un débat échange a été ouvert. Et au cours de ce débat échange, Madame Brenda, parlementaire de ACP-UE, membre de la société civile et membre du conseil économique de l’UE, a tenu à remercier les organisateurs de cette rencontre parce que cela lui a permis de bien comprendre le handicap comme vécu au Togo. Elle souligne qu’elle voyage beaucoup sur les Caraïbes et sur l’Afrique et voit des personnes en situation de handicap mais qu’on n’en parle jamais comme on en parle sans tabou au Togo. Prenant la parole, Catherine BEADER, démocrate libérale et parlementaire de l’UE, pour la région sud est, a aussi loué l’initiative des organisateurs avant de faire savoir qu’elle est elle-même fille d’un fermier handicapé par la poliomyélite en 1913 à Londres et qu’elle connaît donc très bien ce qu’est vivre en situation de handicap. Monsieur Yimpape BARIGUE, togolais et un des responsables de APROFEHTO, dans son intervention, a plus mis l’accent sur le double handicap qu’ont les femmes en situation de handicap puisque difficilement elles trouvent des maris et ont droit à des crédits auprès des banques et institution de micro finance comme les responsables de ces institutions pensent, à tort, qu’elles sont insolvables juste parce qu’elles sont handicapées. C’est d’ailleurs ce que le sketch du groupe de théâtre et de sketch de TIBI a dénoncé entres autres maux dans sa prestation. Pour renchérir cet état de fait, Madame SITHEMBILE MLOTSHWA du Zimbabwe a dit qu’entres elles femmes non handicapées, il est difficile de se concurrencer pour gagner le cœur d’un homme. Mais qu’il l’est encore plus pour les femmes en situation de handicap. In fine, tous les parlementaires intervenants ont promis être de farouches porte-parole du rapport sur l’Intégration des Personnes Handicapées dans les pays en voie de développement de retour chez eux. Ils ont promis aussi suivre ou faire suivre tous les deux ans ce rapport et contrôler les actions que mènent déjà si bien tous les acteurs du handicap au Togo.

La fin de ce débat a clôturé la séance pour permettre aux parlementaires de pouvoir vaquer à d’autres occupations. Mais ce n’est pas sans les avoir inviter d’abord au cocktail prévu par les organisateurs tout juste après la rencontre.

Abdoul Rafiou Lassissi (Rafstar)

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