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Côte d’Ivoire : une personne handicapée au service des nécessiteux

Il s'appelle Paul Émile Akpé Akpé, handicapé et membre actif de la Caritas de la paroisse Saint-Jean-Baptiste d’Abobo Avocatier où il reçoit de nombreuses personnes qui sollicitent de l’aide.

Membre du bureau de la Caritas à la paroisse Saint-Jean-Baptiste d’Abobo Avocatier, Monsieur Paul Émile Akpé Akpé assure, depuis 10 ans, le poste de trésorier.
Son prénom est systématiquement prononcé lorsque des personnes venues solliciter de l’aide, se rendent dans cette paroisse située dans l’est d’Abidjan.

Monsieur Paul Émile à la paroisse Saint Jean Baptiste d’abobo Avocatier
africa.la-croix.com

Handicapé depuis l’enfance, Paul Émile, est éleveur de lapins et de cailles, et très engagé au sein de la paroisse. Il est également membre du conseil pastoral paroissial et président d’une Communauté ecclésiale de base (CEB) depuis 2006.
Ses journées à l’église, il les passe à recevoir des personnes dans le bureau de la Caritas ou à conduire des malades pour leurs soins à l’hôpital. Paul et les autres membres du bureau effectuent également des visites au domicile de certaines familles qui traversent des difficultés du fait de la maladie.

Pour la rentrée scolaire, l’infatigable quadragénaire multiplie les actions pour répondre aux nombreuses sollicitations de parents d’élèves démunis.

Paul n’est pas handicapé de naissance car selon lui, c’est à l’âge de 2 ans qu’il a perdu l’usage de ses membres inférieurs. « Mes parents ne m’ont pas dit l’origine de mon handicap mais dans mes recherches, j’ai pu me rendre compte qu’il s’agit de la poliomyélite. Je crois que ce silence sur ma maladie est dû au fait qu’ils se sentaient peut-être coupables ».explique-t-il.

Depuis l’enfance, Paul a vécu de nombreuses frustrations à cause de son handicap. « Les gens me regardaient comme un nécessiteux, et mes parents m’empêchaient de faire certaines choses alors que je m’en sentais capable. Pour mes parents, c’était une forme de surprotection ? Il faut que les parents d’enfants handicapés laissent leurs enfants s’épanouir sans a priori. Nous pouvons faire des choses souvent mieux que les personnes dites valides. » raconte-t-il

Grace à sa grande mère, Paul Émile découvre l’Église catholique à Grand Akoudzin (Est de la Côte d’Ivoire) chez qui il a été conduit, enfant pour ses soins. « Elle était très engagée à l’Église et elle m’emmenait tous les jours avec elle à la messe après les soins » a-t-il dit.

Plus tard, Paul retourne vivre chez ses parents, eux aussi catholiques pratiquants à Abobo, une commune populaire d’Abidjan. Il y fréquente la paroisse Saint-Jean-Baptiste et décide de s’engager à la Caritas en 2003. À cette époque, le pays venait de connaître une insurrection armée et le bureau paroissial avait besoin de membres pour renforcer son effectif.

« Ce n’était pas facile au début d’être accepté parce que les gens qui voyaient mon handicap pensaient que je venais plutôt profiter des services de la Caritas. Mais j’ai pu surmonter tous ces préjugés auxquels j’étais déjà habitué. » explique t-il.

À force d’engagement et de travail acharné, Paul a fini par gagner l’estime des responsables paroissiaux qui l’ont nommé trésorier de la Caritas en 2008, un poste qu’il occupe encore aujourd’hui malgré lui. « Les bureaux se succèdent mais ils refusent que je quitte le poste malgré mon insistance, sourit-il. On me demande de préparer la relève et c’est ce que je fais. »

Courage et générosité l’animent, son engagement est très apprécié et unanimement salué.

Sœur Christine Magnin, religieuse de la congrégation de La Xavière en service dans cette paroisse entre 2007 et 2016, garde un bon souvenir de lui. « Ce que je retiens de Paul, c’est qu’il est courageux et généreux et n’a jamais manqué d’occasion pour aider les autres, ce que je garde de lui c’est que c’est quelqu’un qui a su dépasser les différentes épreuves de la vie pour toujours garder la tête haute. Souriant, c’est quelqu’un de créatif, inventif et entreprenant qui a une grande confiance en Dieu. » témoigne la religieuse aujourd’hui en France.

NGANYIRE TUO
(Rédactrice Côte d’Ivoire)

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