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Bénin/ proadiph: à la découverte de la Fédération des Associations de Personnes Handicapées du Bénin (FAPHB)

Le Président de la FAPHB nous parle de la Fédération, son fonctionnement, les moyens et ressources de fonctionnement, ses difficultés et sa relation avec l'Etat à travers cette vidéo.

1- Présentez-vous au public Monsieur le Président
Moi on m’appelle Nassirou DOMINGO. Je suis sociologue de formation. Je suis un ancien président de la fédération handisport. Je suis marié et père de deux enfants et je porte un handicap moteur survenu à l’âge de 5 ans suite au virus de la poliomyélite.

2- Parlez nous de la fédération et de ses objectifs
La fédération dont j’ai la charge aujourd’hui est créée en 1992 et a connue une période de dysfonctionnement avant d’être redynamisée en 2015. Elle est l’ensemble des Organisations de Personnes Handicapées (OPH) de toute l’étendue du territoire national regroupées en six réseaux selon l’ancienne configuration du découpage territorial. Ces réseaux travaillent avec les associations qui les composent. Alors, les objectifs que se fixe la Fédération sont entre autres de coordonner toutes les actions de promotion et de protection des droits des personnes handicapées. Ensuite, intervenir auprès des pouvoirs publics afin de faire appliquer la législation en faveur des personnes handicapées, travailler à faire bénéficier les personnes handicapées tous les programmes et politiques de développement favorisant la pleine participation des personnes handicapées au développement du pays et enfin faciliter l’autonomisation des jeunes et des femmes handicapés.

3- Quels sont vos moyens et ressources de fonctionnement ?
Déjà, nous collaborons avec tous les ministères pour ne pas s’arrêter seulement au niveau de notre ministère de tutelle c’est-à-dire le ministère des affaires sociales et de la microfinance, nous faisons des lobby et des plaidoyers auprès des pouvoirs politiques pour que les autorités puissent tenir compte de nos aspirations afin de mobiliser des compétences pour la mise en œuvre des programmes destinés aux personnes handicapées. Nous travaillons avec les autres organisations de la société civile surtout ceux qui sont dans le domaine de la défense des droits humains en général et ceux des personnes handicapées en particulier. Aujourd’hui, nous parlons de la Fédération Ouest -Africaine des Personnes Handicapées (FOAPH) qui est un partenaire très important pour nous et pour toutes les autres organisations des autres pays de l’Afrique de l’Ouest. Parlant des ressources, c’est à dire de l’argent, il faut dire que nous avons quelques partenaires techniques et financiers qui croient en nous à savoir Handicap International aujourd’hui Humanité & Inclusion (HI), le Sservice des Sœurs pour la Promotion Humaine, le Ministère pour ne pas dire l’État c’est-à-dire le Mministère de des Aaffaires Ssociales et de la Mmicrofinance, le PNUD avec qui nous gérons des projets sans oublier la Maison de la Société Civile. Voilà un peu, les quelques partenaires avec lesquels nous travaillons sur le plan interne. Maintenant, sur le plan sous régional, nous avons une collaboration avec le Forum Africain des Personnes Handicapées (FAPH), il y ’a aussi la FOAPH. Mais, il faut ajouter que de temps en temps la Fédération est invitée dans les autres pays de l’Europe et du reste du monde pour participer à des colloques, des ateliers pour la redynamisation de notre organisation. Sur le plan du soutien financier de l’Etat, nous pouvons dire que c’est insuffisant lorsque nous le comparons au soutien que reçoit la fédération sœur, je veux nommer la fédération togolaise qui reçoit plus de vingt millions, alors que nous battons encore pour atteindre dix millions.

4- Quelles sont vos difficultés ?
Vous savez, parlant des difficultés aucune entreprise ne vis sans difficultés, donc nous avons des difficultés de fonctionnement. D’abord, il faut dire que les difficultés commencent par rapport au paiement du loyer, comment payer le loyer? Puisque le bureau de la Fédération est logé dans un bâtiment, nous devons payer la location. La deuxième difficulté c’est comment payer le personnel que nous avons engagé pour faire fonctionner la Fédération. Comment renforcer nos réseaux alors que pour les renforcer, il faut les moyens puisque les réseaux prennent le relais de la Fédération sur le terrain dans le pays profond c’est-à-dire dans les départements qui sont éloignés du siège de la Fédération parce que la fédération ne peut pas se mettre à tourner dans tous le pays. Il faut dire que tous les membres du conseil d’administration de la Fédération travaillent comme des bénévoles c’est- à- dire ne sont pas payées mais ils viennent et travaillent pour le bien des personnes handicapées. Donc il faut tout au moins de moyens pour supporter leurs déplacements. Imaginez que la Fédération travaille sans moyen de transport alors que nous sommes appelés à distribuer des courriers que ce soit au niveau des partenaires qu’au niveau du ministère ou des réseaux. Voilà que ce sont les personnes handicapées qui composent cette fédération et qui sont les volontaires au sein de la Fédération. Comment vont-ils assurer le déplacement? Moi-même président je n’ai pas un véhicule personnel ni pour la Fédération mais néanmoins j’ai une moto adaptée avec laquelle je me déplace pour assurer tout au moins les obligations qui m’incombent. Ce que nous nous souhaitons aujourd’hui, c’est qu’il y ait un dialogue franc entre la Fédération et le Ministère des Affaires Sociales et de la Microfinance afin que la Fédération ait les moyens nécessaires pour atteindre vraiment les objectifs qu’elle s’est fixée. Il faut dire que nous parlons de droit aujourd’hui, la question du handicap a dépassée le niveau du modèle caritative c’est-à-dire qu’on pense qu’on doit nous donner par pitié ou par charité. Il est temps qu’on parle de droit et que tous les tous les droits, toutes les libertés et tous les avantages soient garantis pour les personnes handicapées.

5- Quel est le niveau d’avancement des droits des personnes handicapées dans votre pays ?
Il faut dire que le niveau d’avancement des droits des personnes handicapées dans notre pays est bas. mais néanmoins il faut noter que notre pays a ratifié la Convention relative aux Droits des Personnes Handicapées (CDPH) en 2011 et récemment en 2017 s’est doté d’une loi portant protection et promotion des droits des personnes handicapées et c’est déjà un pas en avant mais notre souhait c’est que d’ici peu le chef de l’État prenne les décrets d’application pour que les personnes handicapées puissent entrer effectivement dans leur droit. Si non au jour d’aujourd’hui, les personnes handicapées ne peuvent pas accéder à la justice comme les autres parce que les dispositions ne sont pas prises pour l’accès facile aux infrastructures construites à cet effet. Une personne handicapée auditive par exemple qui n’a pas un traducteur en langue des signes qui se retrouve face à la justice, comment va-t-il se défendre? Donc, il faut que notre pays avance dans ce domaine-là pour permettre aux personnes handicapées de vivre dans une société plus inclusive. Nous pouvons ajouter que aujourd’huiquaujourdhui l’école n’est pas adaptée aux personnes handicapées mais néanmoins les parents ont tout fait pour envoyer les enfants handicapés à l’école, ils ont étudié jusqu’au niveau supérieur et à la fin on va dire qu’il ne peuvent pas accéder à la fonction publique du fait de leur handicap. Vous pouvez constater que les personnes handicapées vivent vraiment des difficultés innombrables alors que nous vivons dans un état démocratique.

6- Quelles sont vos perspectives pour le futur ?
Avant de répondre à votre question, je dois d’abord faire un clin d’œil à la FOAPH parce que si elle n’existait pas, il fallait la créer car à travers aujourd’hui le Portail Régional Ouest Africain des Droits et l’Inclusion des Personnes Handicapées (PROADIPH), la FOAPH est en train de porter notre voix plus loin pour que de plus en plus nos difficultés soient anéanties et amoindries par les partenaires que ce portail nous permettra d’atteindre. Il faut le signaler, il y a quelques jours des journalistes ont été formés ici au Bénin dans le siège de la fédération pour pouvoir porter notre voix plus loin à travers PROADIPH. C’est vrai, les difficultés on ne peut pas les éliminer complètement mais il faut travailler à essayer de les diminuer au maximum. Nous devons pouvoir amener les pouvoirs publics à comprendre que les personnes handicapées peutvent faire autant que les personnes non handicapées.

7- Quelles sont vos perspectives d’avenir ?
Comme perspectives, nous pouvons dire que nous avons des projets en attente tels que celui de l’insertion professionnelle des jeunes handicapés, le 25 septembre prochain, nous allons distribuer grâce au PNUD que nous remercions au passage des kits aux femmes handicapée pour faciliter l’installation de leurs activités génératrices de revenu. Bientôt 3 décembre, nous allons fêter la journée internationale des personnes handicapées qui en réalité n’est pas une journée de fête mais une journée de bilan pour savoir qu’est-ce qui est fait et qu’est-ce qui n’est pas fait, qu’est-ce qui reste à faire, voilà ce que moi je pense de 3 décembre.

Votre dernier mot Monsieur le Président
Mon dernier mot serait à l’endroit de tous les présidents de l’Afrique en les exhortant à penser à la Fédération de leurs pays afin de leur permettre de faire face aux programmes qu’elles ont établis en faveur de leurs paires. Il ne faudrait pas que les autorités pensent que aujourd’hui comme ils ne sont pas personnes handicapées qu’elles n’ont pas besoin d’aider les personnes handicapées car le handicap ne prévient pas et peut arriver à tout moment. Certes, nous ne le souhaitons à personne mais nous pensons que le mieux c’est de prendre des dispositions préventives.

Propos recueillis par Abdoul-Wahab SALAHOU YEKINI et Boni Romulus BIAOU

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