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Activités

Bénin/ Études Supérieure : Soutenance d’une personne handicapée visuelle à l’Ecole Supérieure des Assistants Sociaux (ESAS)

C'est ce vendredi 18 octobre 2019 que la nommée KINIFO F. Claire, une jeune femme handicapée visuelle a soutenu son mémoire de Licence professionnel sur le thème " Problématique de la sexualité des jeunes handicapés moteurs et sensoriels", dont voici l'essentiel de sa présentation...


EXCELLENCE MONSIEUR LE PRESIDENT DU JURY,
HONORABLES MEMBRES DU JURY, DISTINGUE MAITRE DE MEMOIRE, CHERS PARENTS, AMIS ET INVITES, Soyez les bienvenues à cette soutenance qui marque la fin de notre formation à l’ESAS !
Qu’il nous soit permis, avant tout propos, de vous adresser nos vives remerciements, pour avoir accepté d’apprécier et de juger ce travail, malgré vos multiples occupations. Soyez en remerciés pour votre sollicitude qui se traduit ici et maintenant par votre présence.

L’exercice auquel nous nous soumettons ce jour, vise à vous présenter le résumé de notre travail de recherche dont le thème est intitulé : « PROBLEMATIQUE DE LA SEXUALITE DES JEUNES HANDICAPES SENSORIEL ET PHYSIQUE : ETUDE REALISEE DANS LA COMMUNE D’ABOMEY-CALAVI »
 
Le terme « sexualité » dépasse de beaucoup le simple acte sexuel : c’est une dimension fondamentale de la santé physique et psychique de tout être humain. Cependant, la sexualité demeure encore un sujet sensible dans de nombreuses sociétés surtout quand il s’agit des personnes handicapées. En effet, la personne handicapée est vue comme une personne désexualisée à cause du handicap qu’elle porte. Or, elles ont des besoins et attentes en matière de vie affective et sexuelle tout comme les personnes non handicapées. Face à cela, la convention de l’ONU relative aux droits des personnes handicapées, stipule en son article 23 que les personnes handicapées ont elles aussi le droit d’avoir accès, de façon appropriée pour leur âge, à l’information et à l’éducation en matière de sexualité et de planification familiale et que les moyens nécessaires à l’exercice de ces droits leur soient fournis.

Au Benin, plusieurs structures publiques comme privées mènent diverses interventions à l’endroit des adolescents et jeunes en matière de sexualité, mais ne tiennent pas compte des jeunes handicapés. Or, selon Groce N. « les personnes handicapées présentent un risque d’infection à VIH égal, voire supérieur à celui des personnes non handicapées et une forte exposition aux grossesses précoces ou non désirées, aux IST et ses corollaires.

C’est ce qui nous a amené à nous poser les questions suivantes :

Pourquoi malgré son existence, la sexualité des jeunes handicapés demeure encore une réalité reléguée au second rang ?
Pourquoi les politiques et programmes d’éducation à la sexualité peinent à être inclusifs ?
Les jeunes handicapés sont-ils épargnés des conséquences liées aux attitudes et pratiques sexuelles ?

Excellence Monsieur le président du jury ; Honorables membres du jury ;
Nous abordons maintenant les résultats auxquels nous sommes parvenus.
Ils se présentent comme suit :
Par rapport au sexe, la population de notre étude était composée de 50,7% de jeune de sexe masculin et 49,3% de sexe féminin.
Concernant l’âge, les statistiques ont révélé que l’âge moyen de nos enquêtés était de 24 ans avec un minimum de 16 ans et un maximum de 35 ans. Tous nos enquêtés sont ainsi considérés comme jeunes selon la charte africaine de la jeunesse qui le définit comme « toute personne âgée de 15 à 35 ans » (Figure 1 voir speech). Tous les enquêtés ont affirmé qu’ils ont des sentiments et désirs en matière de sexualité. Cependant nous remarquons qu’un peu plus de la moitié (57,3%) des enquêtés n’arrive pas à l’exprimer librement.

Par ailleurs la plupart de nos enquêtés sait qu’on peut réduire le risque de contracter les IST/VIH/SIDA en utilisant le condom (70,7%),en pratiquant l’abstinence (26,7%) et en restant fidèle à un seul partenaire non infecté (2,7%). Le croisement de la connaissance des moyens d’éviction des IST/VIH avec la nature du handicap a une importance significative. (Figure 9). En effet, la fidélité est très peu citée par les PH visuelles et auditives enquêtées ; les PH moteurs n’en entendent pas du tout parler.

La majorité des enquêtés ne fréquentent pas les centres amour et vie (81,4%) et comme raisons, ils ont évoqué : la honte d’y aller vue la situation du handicap, la non maitrise de la langue de signe par le personnel pour les auditifs.

Les jeunes handicapés ont un fort désir d’avoir une assistance-conseil permanente en matière de sexualité, puisque les résultats ont démontré que la majorité des jeunes handicapés enquêtés (97,3%) est favorable à une assistance conseils en matière de sexualité. On remarque que 86,8% de ceux qui sont déjà sexuellement actifs expriment plus ce désir. Pour eux, cela va surtout les aider dans la gestion de leur sexualité.

Au terme de notre étude nous pouvons retenir que La majorité des jeunes handicapés enquêtés avait déjà eu de rapport sexuel et était devenue sexuellement active avant le 18ème anniversaire. Plus de la moitié des jeunes handicapés enquêtés a été découragé et contraints à refouler leurs projets affectifs et sexuels. Les jeunes handicapé ont un accès limité à l’information sur la santé sexuelle parce que d’un côté les services mis en place pour les adolescents et jeunes en général ne répondent pas aux spécificités des populations à besoins spécifiques.
Ainsi, toutes les hypothèses formulées pour cette étude ont été vérifiées.

Au vu des résultats de notre étude nous avons formulé quelques suggestions à l’endroit du gouvernement, aux Centres de formation et de prise en charge des Personnes Handicapées, et aux Centres Amour et Vie.

Nous voici à la fin de notre présentation.
Nous n’avons pas la moindre prétention d’avoir abordé tous les contours de ce sujet. Vos critiques, apports et suggestions nous permettront de parfaire le présent travail.

Propos recueillis par Abdoul-Wahab Yek

Le speech en PowerPoint

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