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Astuces et techniques de vote des personnes déficientes visuelles

Le 22 février prochain, plus de trois millions de togolais iront aux urnes pour choisir le président de la république pour cinq ans. Parmi cette population d’électeur, se trouveront des déficients visuels dont la tâche demeure toujours difficile en Afrique et partout ailleurs dans le monde pour accomplir ce devoir civique. Dans cet article, quelques électeurs non-voyants du Togo et de la France dévoilent leurs astuces et techniques de vote qu’il s’agit du vote au Togo ou en France.

A la fin de la campagne électorale pour les élections présidentielles ouverte le 6 février, les malvoyants et non-voyants inscrits sur la liste électorale togolaise devront choisir le bulletin qu’ils glisseront dans l’urne. Un acte difficile à entreprendre quand on sait qu’aucun dispositif n’est mis en place pour leur faciliter la tâche. Néanmoins, certaines expériences subsistent : « Certains se font indiquer les bulletins, les prennent en main et les mémorisent jusqu’à l’isoloir », raconte René Kpatcha, maître de suivi des élèves non- voyants au Collège Protestant de Lomé Tokoin.
Prendre les différents bulletins disposés sur la table d’un centre de vote, rentrer dans l’isoloir, glisser le candidat de son choix dans une enveloppe pour la déposer dans l’urne. Voter ne demande aucun effort particulier mais quand on est malvoyant ou non voyant, ce geste citoyen devient partout dans le monde véritable parcours du combattant : pas de programmes ni de bulletins en braille,aucun dispositif particulier n’existe pour aider les personnes souffrantes d’un handicap visuel, avant et au moment de voter. En France, Si la loi de 2005 pour la participation et la citoyenneté des personnes handicapées exige que les bureaux et les techniques de vote soient « accessibles aux personnes handicapées, dans des conditions fixées par décret », les textes d’application mentionnent uniquement les personnes se déplaçant en fauteuil roulant. « On a senti une volonté du législateur d’améliorer la situation mais dans la pratique, cela n’a rien changé pour les non-voyants, commente Fernando Pinto, aveugle et responsable du Centre d’évaluation et de recherche sur les technologies pour aveugles et malvoyants (Certam). Pour ce dernier, : « je préfère faire le tri chez moi et apporter mon bulletin dans la poche, pour ne pas avoir de doute le jour de l’élection ».
« Pour faire ce tri », Fernando Pinto s’organise au moment de recevoir les programmes et bulletins à domicile. « J’ai plusieurs possibilités, explique-t-il. Soit je fais confiance à une personne qui va m’aider à distinguer les bulletins, soit je les scanne un à un pour les lire sur mon ordinateur grâce à un système de synthèse vocale, soit je prends les bulletins en photo grâce à mon iPhone qui va les numériser et me les lire au moyen d’un logiciel embarqué », détaille le responsable du Certam. Une machine à lire de la taille d’une petite photocopieuse permet également de capter du texte imprimé grâce à un dispositif de reconnaissance optique de caractère et de le restituer sous forme de synthèse vocale.« Cette solution peut aussi être utilisée pour décrypter les programmes des candidats », ajoute Fernando Pinto. Cette solution proposée Par Pinto reste à ce jour difficile à proposer aux électeurs non-voyant togolais à cause de la législation électorale qui ne met pas à la disposition des électeurs les bulletins de vote avant le jour du scrutin. Pour L’heure et pour l’instituteur Gaston Afi non-voyant au Centre polyvalent Saint Augustin de Kégué, : » contentant nous du peu que le code électoral togolais nous donne … » Ce dernier va toujours voter accompagner d’une personne avec laquelle il partage les mêmes visions électorales.
Comme le démontrent les différents partages d’expériences qui précèdent, l’école de la débrouillardise reste la règle pour les électeurs mal et non-voyants lors des échéances électorales et surtout en Afrique au sud du Sahara. Même si le choix du gouvernement français de fabriquer en 2004 au profit des électeurs déficients visuels français des machines appelées Nedapreste insuffisant parce que n’étant présent que Dans 1400 bureaux de vote, ces initiatives méritent de la part des dirigeants africains, d’être copiées et adaptées aux réalités africaines.
LOGOVI Jean-Pierre rédacteur Proadiph Togo

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