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Présentation

Afrique : première phase du projet Kékéli-Djama, bilan et perspective

Kékéli -Djama est un projet porté par la Mutualité Française Anjou-Mayenne, avec le soutien de la Fondation Macif et de la Région Pays de la Loire. L’Institut pour jeunes aveugles de Montéclair en mission en Afrique francophone subsaharienne pendant trois ans de 2012 à 2015 avait formé près de 50 éducateurs africains aux différentes techniques pour le soutien et l’aide aux enfants déficients visuels. Au seuil du lancement d’une nouvelle phase de ce projet, un bilan de l’étape triennale précédente s’impose à nous.

En Afriques en générale et surtout dans les pays au sud du Sahara, les enfants handicapés - et plus particulièrement les filles handicapées en raison d’une double discrimination liée au handicap et au genre - restent en marge de la socialisation.
Certes, il existe quelques expériences réussies de scolarisation d’enfants handicapés dans des démarches spécialisées ou inclusives. Néanmoins, ces actions restent isolées, ne sont pas partagées et bénéficient à un nombre très limité d’enfants handicapés.

D’autre part et dans bien de pays en Afrique, les communautés ont des perceptionsions négatives de l’enfant handicapé. Pour preuve, peu de familles investissent dans la scolarisation de leur enfant handicapé, pensant que cet investissement n’apportera aucune plus-value à la cellule familiale. Pourtant dans le milieu associatif lié au handicap, au niveau local, des expériences d’éducation pour enfants handicapés existent et évoluent vers une éducation inclusive avec les besoins en dépistage, en prise en charge précoce, en matériel didactique adapté, en formation de professionnels, etc. D’où la nécessité d’un travail coopératif en vue de la mutualisation des expériences en faveur des personnes handicapées sensoriels.

Dans cet ordre d’idée et depuis plus de 20 ans, La Mutualité Française Anjou Mayenne a développé des activités de coopération en Afrique de l’Ouest et du Nord dans 8 pays : Mali, Burkina-Faso, Bénin, Niger, Togo, Maroc, Tunisie, Algérie. D’abord au Mali (partenariat Angers-Bamako), puis dans les autres pays en tant que Maitre d’œuvre pour la Fondation FORCE (NL) également en lien avec d’autres bailleurs (ISESCO, UNESCO, MAEE, Région PDL, Fondation MACIF, Fondation Harmonie Solidarités…).
Les actions portent sur la sensibilisation à la déficience visuelle et aux conséquences de la surdité puis sur la formation en matériel spécialisé et aides techniques (NTIC), transcription et adaptation de document (Braille Agrandi), locomotion, activités de la vie journalière, pédagogie adaptée en déficience visuelle et auditive puis sur la formation d’opticiens et de régleur pour l’implant cochléaire. Sur le plan de l’ingénierie nous notons la création d’un centre de ressource pour les étudiants déficients visuels à l’Université Hassan II Casablanca au Maroc et l’exécution du projet INDIMAJ (Insertion professionnelle d’adultes déficients visuels - Formation en ergonomie pour les agents des COAPH au Maroc). Au Togo depuis 2006 et dans le cadre de KEKELIDJAMA 1, il a été procédé à l’installation d’unités de transcription braille dans les centres spécialisés et à l’ENI puis à la formation de transcripteurs braille, de formateurs NTIC, de techniciens de maintenance, de rééducateurs, d’enseignants spécialisés et de cadres dirigeants.

Précisons que le projet multi-pays francophone (Mali, Burkina-Faso, Bénin, Niger, Togo) KEKELI-DJAMA 1 (2012 – 2018) a été financé par le Conseil Régional PDLet la Fondation Harmonie Solidarités de la France et la Fondation MACIF de France. L’objectif principal de ce projet était de permettre la formation des professionnels de la déficience visuelle dans les 5 pays d’Afrique de l’Ouest. De nos jours nous disposons d’une part d’un vivier de professionnels formés capables de transférer leurs compétences auprès de leurs collègues ; d’autre part, d’une plateforme virtuelle de capitalisation de l’ensemble de la documentation permettant un accès constant aux différentes ressources, par les professionnels africains. Comme résultats obtenus dans l’ensemble des 5 pays, 50 professionnels ont été formés sur l’ensemble des thématiques choisies ; à savoir : le management des structures, l’enseignement spécialisé, la rééducation (AVJ-Loco), les aides techniques spécialisées (NTIC), la transcription et l’adaptation des documents. Il a été constitué un réseau de spécialistes dans le domaine de la déficience visuelle en Afrique de l’Ouest avec la création d’une plateforme numérique de capitalisation et de partage (http://dev.mfam49-53.fr) suivi du démarrage du processus de transfert de compétences des professionnels formés auprès de leurs collègues. Tout ceci a été réalisé à travers l’organisation de sessions de formation en regroupant les professionnels des 5 pays dans une capitale (2012 Cotonou et Lomé, 2013 Ouagadougou, 2015 Angers et Ouagadougou, 2016 Cotonou, Lomé 2017).

Les travaux de l’atelier de Lomé vont porter sur la finalisation du plan d’action commencé à Cotonou en 2018 puis procéder au lancement de la phase 2 de KEKELI – DJAMA qui, d’une façon générale, vise à élargir le socle qualitatif (en prenant en compte la surdité) et quantitatif en invitant de nouveaux pays à rejoindre le projet.

Logovi Jean-Pierre rédacteur www.proadiph.org/ Togo

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